Les vaccins obligatoires pourraient bientôt ne plus l’être. C’est une suggestion du Comité technique des vaccinations, dans un avis évoqué ce 5 novembre lors d’un point presse.

L’obligation vaccinale bientôt levée ? Le Comité technique des vaccinations (CTV) du Haut conseil de la santé publique (HCSP) y est en tout cas favorable. C’est ce qu’a affirmé le président du CTV, le Pr Daniel Floret, ce 5 décembre. Le Haut Conseil a émis un avis dans lequel il évoque une possible levée des obligations.Flu Shots

« La balle est dans le camp politique »

Tous les vaccins ne sont pas obligatoires en France. Seuls ceux contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont toujours soumis à une obligation chez tous les Français. S’ajoutent le vaccin contre la fièvre jaune pour les Guyanais, et ceux contre l’hépatite B et la typhoïde dans certains milieux professionnels. Le président du CTV a expliqué lors d'un point presse qu’il n’était « pas sûr qu’il faille faire de la santé publique à coups d’obligations. » Contacté par pourquoidocteur, il explique la position du Comité sur la question.

Daniel Floret, président du Comité technique de vaccination : « Ça va être un argumentaire montrant les avantages, pas importants, et les inconvénients, qui sont nombreux. »

Le Haut conseil de la santé publique a déjà émis cet avis, mais il ne sera pas rendu public. Il doit plutôt être perçu comme une piste de travail pour les députés. « La balle est dans le camp politique, » résume Daniel Floret. En effet, l'obligation vaccinale est inscrite dans la loi. La lever ou non relève du domaine législatif.

Daniel Floret : « C'est un problème politique et sociétal. Nous, Haut conseil de la santé publique, ne sommes pas en charge de cela. »

« Il faut que les recommandations aient une force »

Le Comité technique de vaccination préconise la mise en place de « recommandations » en lieu et place d’une obligation vaccinale. Car fin d’une obligation ne signifie pas que se vacciner deviendra facultatif. Daniel Floret conseille la création d’un « statut sur les vaccinations recommandées de façon à ce qu’elles ne soient pas perçues comme facultatives. » C’est le problème qui se pose en France, et il faut le résoudre, car les recommandations sont assimilées à un choix possible au lieu d'une nécessité.

Daniel Floret : « Que l'on maintienne ou pas l'obligation vaccinale, il faut que les recommandations aient une force. »

Si les obligations vaccinales peuvent s’avérer utiles, on observe avec le vaccin ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole), non obligatoire, que de nombreux Français sont protégés contre ces maladies infectieuses grâce à une vaccination dès la petite enfance. Preuve qu’une politique stricte n’est pas forcément nécessaire.

source:Pourquoi docteur