A cet égard, l’expérience acquise dans un certain nombre d’Etats membres (en particulier au Royaume-Uni) devrait permettre de gagner du temps et de contribuer à lever des objections qui reposent plus sur une méconnaissance des disciplines non conventionnelles et de leur spécificité que sur une argumentation rationnelle.Le vote du 29 mai 1997 a certes été décevant dans la mesure où la plupart des propositions concrètes exposées ci-dessus o nt été rejetées ; il n’en est pas moins vrai qu’un certain nombre d’acquis sont incontestables. Le parlement européen s’est en effet prononcé clairement :

- Sur le fait que des approches différentes en matière de santé ne doivent pas être considérées comme mutuellement exclusives ; - En faveur d’une totale liberté de choix thérapeutique des médecins ; tout médecin doit pouvoir utiliser toutes ses ressources et connaissances pour soigner et recourir à la thérapeutique de son choix - Sur le constat de ce que “la liberté d’établissement des praticiens n’est pas respectée” ; le parlement affirme qu’il n’est pas question de restreindre le droit des praticiens actuellement reconnus dans un Etat membre au nom d’une harmonisation européenne; - Chaque discipline devrait être capable d’organiser la profession au plan européen (code de déontologie, registre et critères de formation).

Pratiquement, tous les principes à la base d’un processus de reconnaissance, tels que proposés, ont été adoptés. Comme exposé ci-dessus, les propositions concrètes en direction de la Commission et du Conseil s’avèrent cependant limitées.

En effet, le parlement européen :

1/ Appelle la Commission, si les résultats de l’étude le permettent, de lancer un processus de reconnaissance des médecines non conventionnelles et de prendre les mesures nécessaires pour encourager la mise en place de commissions appropriées ;

2/ Appelle la Commission à effectuer une étude complète sur la sécurité, l’efficacité, le champ d’application et le caractère complémentaire ou alternatif des médecines non conventionnelles et d’établir une comparaison des législations nationales auxquelles les praticiens sont soumis.

3/ Demande au Conseil d’encourager le développement de programmes de recherche dans le champ des médecines non conventionnelles prenant en compte l’approche individuelle et holistique, le rôle préventif et les caractéristiques spécifiques de chaque médecine et s’engage à faire de même.

Qu’en penser deux ans après? La publication des travaux réalisés dans le cadre du programme COST B4 a dans une large mesure, répondu à la demande du parlement reprise en 2/ ci-dessus. En outre, à la suite du vote favorable du parlement, le point 3/ a été, du moins dans l’esprit, intégré dans le 5ème programme-cadre (1998-2002) de Recherche et Développement européen, ce qui ouvre une brèche considérable dans un mur d’opposition qui s’est révélé indestructible depuis 15 ans.

Il reste à la Commission à mettre en place ce qui me paraît incontournable, c’est-à-dire des commissions paritaires relatives à chaque médecine non conventionnelles et chargées de définir à la fois les méthodes d’évaluation pertinentes, le champ de la responsabilité et les pratiques réservées.